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Publié par Gestion Efficiente, Faciliteur de Gestion

En rapprochant les PME de l'innovation et du numérique le Premier ministre envoie un signal fort à destination des jeunes entreprises de croissance. Autre fait notable: la création d'un ministère du redressement productif confié à Arnaud Montebourg.

 

Le nouveau gouvernement rendu public mercredi soir tient une première promesse de campagne du candidat Hollande en affichant une parité parfaite : 17 femmes ministres sur les 34 nouveaux porte-étendards de la politique qui sera conduite par Jean-Marc Ayrault. Un gouvernement dont la taille est quasi identique à celle des ses prédécesseurs mais qui, pour l'heure, ne compte aucun secrétaire d'état. Lesquels ne viendront peut-être étoffer cette équipe qu'au lendemain des élections législatives. Histoire de tenir compte des nouveaux rapports de forces politiques sortis des urnes. Toutefois l'architecture de ce premier édifice gouvernemental affirme déjà un certain nombre de lignes de forces de ce qui sera l'action économique à venir, en se démarquant de l'organisation précédente des gouvernements Fillon. Elle soulève également des questions sur la délimitation des divers champs de compétences ministériels et notamment ceux qui concernent au premier chef les entreprises et les collectivités locales.

 

Premier fait notable, Bercy, dévolu à Pierre Moscovici, va régner désormais sur l'économie, les finances et le commerce extérieur mais pas sur l'industrie qui bizarrement disparaît des écrans radars. En tout cas dans sa dénomination habituelle puisque à l'évidence c'est Arnaud Montebourg, nommé ministre du Redressement Productif qui en aura la charge. Un portefeuille dont l'intitulé rappelle bizarrement " la mise en oeuvre du plan de relance " dévolue à Patrick Devedjian en 2008. À noter qu' est rattachée à ce ministère la ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique : Fleur Pellerin, 38 ans, qui fait partie des nouveaux visages de ce gouvernement. Signe des temps, l'innovation - parfois parent pauvre de la recherche et de l'éducation - se positionne donc désormais dans l'orbite des PME (séparées de l'artisanat et du tourisme) et du numérique, un rapprochement dont on peut espérer qu'il reflète certaines priorités de l'action publiques pour redynamiser notre économie et encourager les start up.

 

Autre changement : le rattachement de l'agroalimentaire à l'Agriculture (sous la férule de Stéphane Le Foll) et non plus à l'industrie qui risque d'inquiéter les entreprises du secteur en affirmant de nouveaux rapports de forces. " L'ajout du secteur agroalimentaire à l'agriculture permet une "vraie cohérence", a d'ailleurs confirmé dès le 16 mai dans la soirée Xavier Beulin, président de la FNSEA, qui s'est dit "très heureux" de cette décision pour laquelle la fédération a beaucoup oeuvré.

 

Dans le champ social, le Travail un temps phagocyté par Bercy dans les deux premiers gouvernements Fillon, conserve l'autonomie acquise par Xavier Bertrand en 2010, dans les mains de Michel Sapin, poids lourd expérimenté du camp Hollande (il a été trois fois ministre dans le passé) qui détient également les clefs du Dialogue Social (absentes du précédent gouvernement) et sera donc rapidement amené à monter sur le front des retraites. Autre nouveauté l'apparition d'un ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire en la personne de Benoît Hamon directement rattaché à Bercy.

 

S'il n'y a pas de véritable surprise en matière d'Ecologie et de développement durable (portefeuille obtenu par Nicole Bricq, sénateur socialiste) qui s'adjoint l'énergie, en revanche les lignes de partage sont plus floues entre deux gros ministères en prise sur les collectivités locales et donc sur l'action économique de proximité : le ministère des Egalités des territoires et du Logement confié à Cécile Duflot et celui de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique qui va à Marylise Lebranchu. Sans parler des attributions de François Lamy, Ministre délégué chargé de la Ville, rattaché à Cécile Duflot et proche de Martine Aubry. De quoi solliciter sans doute dans quelque temps la capacité d'arbitrage du Premier ministre. Lequel a d'ores et déjà annoncé qu'il allait proposer la baisse de 30 % de son salaire et de celui des membres du gouvernement, ainsi qu'une "charte de déontologie lors du premier Conseil des ministres du quinquennat qui aura lieu aujourd'hui à 15 heures.

 

Source : Philippe Flamand pour LEntreprise.com

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