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Publié par Gestion Efficiente, Faciliteur de Gestion

Le ministre chargé du Budget est venu s'expliquer vendredi 5 octobre devant un parterre de chefs d'entreprises en colère. Il a reconnu l'erreur du gouvernement sur son projet de taxation des plus-values de cession et a tenté de rassurer des entrepreneurs en mal de confiance.

 

Source : LEntreprise.com

 

 

" Nous avons fait une erreur, nous allons revenir en arrière au statu quo ante. Il y a plus d'honneur à le reconnaître que de fierté à persister ". Droit dans ses bottes et le verbe haut le ministre en charge du budget a défendu vendredi 5 octobre en fin de matinée à la tribune de la salle Colbert du palais Bourbon, la légitimité du choix gouvernementale de taxer désormais les revenus du capital comme les revenus du travail.

 

En clôturant un colloque organisé à l'Assemblée nationale par PME Finance, Jérôme Cahuzac a néanmoins reconnu l'erreur du gouvernement sur la question épineuse des plus-values de cession devant un parterre de chefs d'entreprises et de financiers très remontés contre le projet de Bercy.

 

 

Des mots forts d'encouragement

 

Quelques minutes avant que le ministre n'entre dans la salle Thierry Lepercque, Président fondateur de l'entreprise Solaire Directe (300 emplois, 200 millions d'euros de chiffre d'affaires) s'était taillé un beau succès en dénonçant " les tirs dans le dos " reçus par des entrepreneurs qui " défendent les couleurs de la France " sur le front de la mondialisation. " Nous attendons des mots forts d'encouragement des plus hautes autorités de l'État " lançait dans un cri de colère cet acteur reconnu du photovoltaïque en déclenchant de longs applaudissements chez un auditoire qui venait de plancher trois heures durant sur les nouveaux modes de financement des PME.

 

Pour le ministre la partie était donc loin d'être gagnée. Avec éloquence et conviction Jérôme Cahuzac a d'abord pointé la nécessité de réduire l'endettement de la France, trouvant des accents churchilliens pour défendre les arbitrages faits par le gouvernement entre la réduction de la dépense publique et la hausse de la fiscalité. " J'ai bien compris qu'un élément du projet de loi de finances 2013 avait servi de catalyseur à un mouvement plus diffus et antérieur à notre prise de fonctions il y a quatre mois" a lancé le ministre, en faisant référence à la fameuse taxation des plus-values de cession. Une mesure qui a mis le feu à la webosphère entrepreneuriale ces derniers jours avec le mouvement fortement médiatisé des " Pigeons ".

 

 

Une autre politique

 

Faisant écho à la révolte affichée par son auditoire de patrons tout au long de la matinée, le ministre a reconnu que " le contexte pouvait porter certains (d'entre eux) à quelque découragement ". Pour autant " ne nous contestez pas le droit d'essayer une autre politique a lancé le ministre car celle qui a été menée depuis dix ans n'a pas marché aussi bien que cela. " a ironisé Jérôme Cahuzac.

 

Soulignant l'écart implicite de taux d'imposition qui existe entre grandes entreprises et PME, Jérôme Cahuzac a rappelé que le gouvernement, conformément au programme de François Hollande, avait la volonté de " baisser ultérieurement le taux d'imposition des PME ", mais que dans un premier temps la réduction de l'écart se ferait par la non-déductibilité des intérêts d'emprunt avec une franchise de 3 millions d'euros justement pour ne pas pénaliser les PME.

Idem pour les conditions de report des déficits antérieurs sur les exercices ultérieurs, où " là encore une franchise d'un million d'euros " devrait permettre de rendre la mesure indolore pour les PME. " Est-ce assez, pas assez, vous nous le direz ! Mais L'intention n'est pas contestable. "

Égrenant les autres mesures phares du budget 2013 en faveur des PME - maintien de l'ISF PME - " J'ai plaidé pour la conservation de cette mesure au même taux aux mêmes conditions car ça marche ! " - Crédit d'impôt recherche renforcé, statut de la jeune entreprise innovante maintenu, le ministre délégué en charge du budget s'est toutefois gardé de détailler ce que pourrait être le recadrage de la nouvelle fiscalité des plus-values de cession en faveur des PME. Tout au plus s'est-il borné à indiquer qu'il fallait revenir au statu quo ante : à savoir un prélèvement libératoire de 19 %, y compris pour les collaborateurs des entreprises qui prennent des risques et acceptent des rémunérations moindres en échange de stock-option " qui rémunèrent l'espoir ".

Mais quant à savoir quelles seront les entreprises concernées par cet aggiornamento - toutes les PME, seulement les start-up, les entreprises indépendantes ? familiales ? Mystère....Un flou artistique dénoncé par les entrepreneurs réunis au Palais Bourbon qui affirment que tout cela laissera des traces. " On a la rage au ventre ! Il y a une perte de confiance " affirme ainsi Thierry Lepercq.

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